samedi 6 mai 2017

Il y a la Nature et il y a la Culture et de ces deux branches découle la difficile condition humaine.


Notre espèce , homo sapiens sapiens, fait  partie de la famille zoologique des mammifères du genre primate.  Les hasards ou les aléas de l’évolution n’ont  pas voulu que notre espèce existât de façon aussi pleine et paisible que celle de la condition animale à l’état naturel s’entend. Il est reconnu que la condition humaine s’inscrit dans la souffrance et cette souffrance n’est pas naturelle, elle est culturelle car cette souffrance est produite par les êtres humains eux­-mêmes qu’ils s’infligent les uns les autres. La condition humaine n’est donc point une fatalité  à l’image des éruptions volcaniques ou des tsunamis contre lesquels  l’homme ne peut rien mais elle dépend de sa volonté. Et ce qui caractérise la conscience humaine par rapport à la conscience purement animale est précisément la volonté et l’aspiration à un bien-être en soi.
Il est évident que ce qui forme problème chez l’homme c’est à la fois son très mauvais usage de sa très belle et très noble  animalité  son orientation pour le moins grossière de sa partie purement humaine,  autrement dit culturelle.
Puisque  l’espèce homo sapiens sapiens à laquelle nous appartenons donne tous les signes raisonnables et rationnels   d’une évolution naturelle, c’est-à-dire une évolution selon Charles Darwin, alors, pour  parvenir au statut d’être humain,  nos ancêtres  hominidés successifs (Australopithèques, homo erectus et homo habilis pour les principaux)   ont sans doute commencé à développer des éléments pré-culturels qui se sont transmis très profondément par une évolution biologique autant que morale.  Homo sapiens est apparu  il y a 150 000 ans ou un peu plus, avec sa structure cérébrale très proche de l’actuelle.  Le développement  du cerveau de l’homme est directement correspondant à des formes de sensibilisations morales,émotionnelles, sentimentales, psychologiques en somme. Un cortex, toute proportion gardée,  largement plus développé que chez  toutes les autres espèces de mammifères. Cela  implique  une  consciencialisation qui s’est complexifiée dans un imaginaire, une subjectivité, dont les autres mammifères sont privés. Rien d’anormal en cela car l’animal n’a pas besoin d’imaginer et ce, pour la simple raison que chaque espèce viable représente une solution adaptative finie dans le contexte global de l’environnement terrestre et des écosystèmes. Les caractéristiques physiques et biologiques de l’animal sont des parties constituantes d’un milieu qui est déjà là au moment de sa naissance et l’être vivant qui naît dans un milieu très précis est lui-même un produit de ce milieu. C’est ainsi que tant que les conditions climatiques, géologiques restent inchangées, tous les éléments écosystémiques reproduisent de la vie ; de la vie animale et aussi de la vie végétale, bien sûr.   En effet, chaque espèce animale viable est de façon parfaite, constituée au plan anatomique  pour survivre et se reproduire dans le biotope où il nait et dont il constitue un élément parmi beaucoup d’autres.
Nos ancêtres  hominidés, bien qu’issus d’une ou plusieurs espèces de primates,  dont on ignore encore tout, n’ont pas été  constitués par les seules lois de spécialités adaptatives comme chez les autres epèces naturelles au départ. Bien que d’origine animale les tout premiers australopithèques, qui furent les premiers à se tenir debout, conservent encore le grand mystère à propos de ce fameux ancêtre commun du singe et des hominidés, tel que le dénomment  les paléoanthropologues. Ils n’étaient pas  de simples animaux, et ils n’étaient point encore des humains. Ces ancêtres qui vivaient voila  plus de 6 millions d’années étaient  par conséquent  extrêmement démunis et vulnérables face à la nature, face aux climats et aux éléments, et face à de nombreuses espèces carnassières et bien plus fortes qu’eux. Il leur a donc fallu très tôt être des  inventeurs. Il leur a été indispensable d’imaginer, et donc de développer des particularités biologiques cérébrales qui se sont objectivées par  des formes de défenses et de protection extérieures à leurs bras, leurs jambes, leur corps. Tout au long des millénaires nombreux qui ont suivi l’apparition de ces derniers, le cortex très particulier de nos différents prédécesseurs , s’est paramétré, formaté, il a épaissi sous l’action comportementale. Ils ont petit à petit aménagé  le milieu naturel.  N’étant pas en mesure de répondre à la nature sur le mode naturel comme toute autre espèce vivante, les  diverses espèce d’ hominidés ont réussi l’incroyable exploit de configurer  d’une part, leurs milieux de vie naturels selon leurs propres inventions, et, d’autre part leurs activités d’aménagement ont développé la conscience au sens culturel au sens anthropologique dont on entend ce terme. Au fil de centaines de milliers d’années  ils ont été capables , en quelque sorte, de ré-inventer le milieu naturel et ils ont intégré biologiquement  la façon imagée et pour tout dire métaphorique avec laquelle  ils se sont mis en relation avec les phénomènes naturels et leur environnement. Plusieurs millions d’années plus tard  les premiers homo sapiens développaient des inventions techniques bien sûr mais aussi, et surtout, inventions abstraites telles que les croyances, la mythologie et l’animisme en guise de proto-religion.  Ces processus à la fois comportementaux et cérébraux exigèrent  plus de 6 millions d’années à partir des australopithèques. Et c’est directement sous l’influence de leur imaginaire que les familles d’hominidés se sont   tout d’abord organisés et défendus face à la violence du milieu naturel et  qu’ils ont peu à peu constitué des groupes de plus en plus importants.  Ils ont créé de toute pièce des organisations collectives et des valeurs subjectives qu’ils ont aménagés par la force de leur pensée.

En effet, l’être humain n’est toujours pas arrivé à la mise en place du bénéfice des valeurs spirituelles, culturelles et morales qu’il prétend défendre en théorie. Il n’a pas encore appris à transposer, à traduire la merveilleuse harmonie auto-recylante de la vie naturelle à l’intérieur de ses civilisations.
Il est une question alors que nous pouvons nous poser : Est-ce l’a-moralité de la nature et ses lois qui dirigent de façon irrémédiable les hommes, ou bien est-il possible d’installer une certaine harmonie dans le monde humain ? Mais une autre question alors se présente d’emblée et qui est peut-être encore plus intrigante, voir passionnante, par les doutes qu’elle soulève : L’harmonie, même relative, entre les différents peuples et pays est-elle objectivement possible,  et serait-elle plus efficace contre les abominations qui émaillent notre Histoire, plus efficaces contre les grandes souffrances de ce qu’on appelle la condition humaine ? Pour ma part j’ai très envie de répondre oui.

Quelle est l’origine de cet être à partir duquel tous les être vivants seraient issus ?  Nous pouvons déjà constater que a) Il existe chez les animaux une graduation entre les epèces de très petite taille et les plus grandes. b) que les espèces et les genres varient en fonction des différents climats sur la planète, en fonction des reliefs géographiques, des particularités géologiques…etc.c) Que souvent, d’une contrée à l’autre on trouve les mêmes types d’organismes qui se différencient par des caractères adaptés aux conditions décrites ci-dessus. C’est-à-dire que l’on trouve les oiseaux, les rongeurs, les insectes, les reptiles, les fauves, les brouteurs en troupeaux, les primates, les animaux marins….etc Et l’on peut constater que l’immense variété des espèces s’exprime dans chacune de ces familles de base correspond à une hyper-spécialisation adaptative des formes de survie et offre des anatomies très proches les unes des autres dans une même famille, par exemple chez l’oiseau. Il semble que la nature a voulu s’assurer de la présence de ces familles de bases par de multiples versions spécifiques à l’intérieur de ces familles afin que ce foisonnement serve d’essai adaptatif.
Comment expliquer autrement qu’il existe autant de versions différentes de l’oiseau ou de l’insecte ?
Est-ce vraiment les seuls critères géo-climatiques qui sont à l’origine de cette immense variété ? L’exemple des espèces endémiques des écosystèmes insulaires nous apportent quelques réponses..

mardi 7 février 2017

REGARD CRITIQUE SUR LE MONDE. Série de textes.

1.

Les systèmes d'organisations sociétales ne produisent pas que des valeurs et traditions culturelles .

 Une civilisation se reconnait à travers un ensemble sociétal massif, formant des entités nationales, des états. Les pays y sont divisés en ensemble de sous ensembles pour finalement arriver à l’individu dit civilisé. Le lien entre un individu-citoyen et un collectif est bien plus profond qu'on ne le croit en général. Par contre, ce qui relie un corps donné à l’histoire d’une culture ou d’une civilisation reste encore très mystérieux pour la plupart des anthropologues. Comment l'évolution de l’histoire d’une culture a-t-elle engendré notre espèce, l’homo sapiens sapiens ? Comment se fait-il que homo sapiens sapiens a-t-il été en mesure d’élaborer des systèmes de civilisations depuis Sumer, jusqu’aux civilisations modernes ? Comment expliquer que certains groupes d'humains continuent de nos jours à vivre en pleine nature comme il y a 20 000 ans?

Il serait plus juste de poser la question ainsi : Comment ont évolué les comportements et les consciences depuis la lointaine préhistoire ?  Pourquoi avoir dessiné des scènes de chasse sur les parois des cavernes ? Comment et pourquoi sont apparues les toutes premières mythologies et les croyances ? Enfin, pourquoi et comment notre cerveau (et le corps), est passé du monde animal, de la pure nature au monde humain de l’industrie, des techniques. La nature au sens large du terme est toujours présente chez l’homme. Elle a été le terreau de l’humanisation. Que voit-on à travers les relations entre la nature sauvage, et l’homme civilisé ? On voit que la civilisation s’écarte de plus en plus de la nature 

« L’histoire a suivi des cours différents pour les différents peuples en raison des différences de milieux, non pas de différences biologiques entre les peuples. » Jared Diamond.

Chez l’individu, les différences géo-climatiques et géologiques ont configuré des différences physiques d’une part, et ont aussi influencé des techniques issues de la manipulation   de matériaux naturels qui s’offraient localement aux populations. Par exemple, c’est dans les régions riches en minerai que des cultures du métal se sont développées ( les Celtes), à travers des techniques d’extraction du métal et leur traitement dans des fours. Ce n’est que dans un second temps que telle technique constituant la base fondatrice de telle ou telle forme de culture, que le corps, la pensée, se sont configurés aux techniques, comme il s'est d'ailleurs configuré par rapport au langage. Ainsi, les divers éléments culturels se transmettent par les dons naturels incarnés par un certain nombre d’individus. Mais la culture ce n'est pas que techniques, c'est aussi, et surtout croyances, symboles et mythologies.

Depuis toujours, les êtres humains de toute civilisation ont compensé avec plus ou moins d’effort et d’efficacité leurs souffrances morales et physiques par un espoir, une foi en quelque chose de supérieur et de mystérieux. Métaphysique. Les rites, les incantations, réconfortait, sécurisait, consolait parfois, aidait, en tout état de cause, à résister aux maux circonstanciels. 

 En Occident,  les besoins nouveaux relatifs à l’extention d’une complexité croissante, se sont imposés sur un tissus social et populaire qui n'y était pas préalablement préparé – et donc non pré-adapté – aux exigences d’une globalisation sauvage et libérale abandonnée à l'industrie et la finance par le politique qui, au lieu de remplir son rôle démocratique. Il est donc nécessaire qu'un avènement de valeurs nouvelles collectives (spirituelles ?) : « Le 21è s. sera spirituel ou ne sera pas » (André Malraux). En tout état de cause il est nécessaire d'induire des valeurs beaucoup plus substantielles pour contre-équilibrer le consumérisme de finalité (une forme de consommation prise en tant que finalité existentielle) complètement creuse, vide de substance et artificielle, voire nocive pour notre civilisation. Un consumérisme, de toute façon, de plus en plus inaccessible au nombre des pauvres qui ne cesse d'augmenter.

Juguler le processus tourbillonnant de la sacralisation de l'objet manufacturé qui conditionne les individus implique un effort de volonté et d’imagination réel.

« Pour éclairer cette nécessité de prendre en compte l’historicité d’une science telle la géologie, Whewell,  développe des correspondances avec des domaines de connaissances humaines, notamment les coutumes, les formes de la société, les institutions politiques, tous porteurs de leur propre histoire ». Stéphane Tirard.

Et ce qui est vrai pour une discipline culturelle est vrai aussi pour toutes les autres.

« Penser la science comme discipline (intégrative) ou de recherche dialectiquement intégrative sachant conjoindre…….en chaque cas, légalité déterministe et causalité singulière, aussi bien que démarche réductionniste et approche synthétique ». Lucien Sève.

dimanche 25 janvier 2015

L’âme est religieuse *

L'importance de notre étude est extrêmement opportune en une période très mouvementée où les questions de comportements et de religion, quelles que soient les confessions,  présentent une tension qui provient précisément d'une approche du symbole avec son chapelet irrationnel ainsi que d'une conception étroite et limité de ce qui, dans les consciences, est à l'origine du phénomène religieux.  L'intérêt de cette réflexion repose sur une nécessité d'éclairage sur les configurations et les codes sociologiques  (culturels) et que l'on appelle familièrement les mentalités ou l'état d'esprit, et pour tout dire, expliquer comment certaines idées en viennent à habiter le plus grand nombre sans pour autant que la raison le justifie.  

 

 

L’âme est censée être Une et se trouve répartie individuellement en chacun....Les religions sont diverses et elles divisent cependant, qui plus est à travers leurs discours de rassemblement, d'union, de respect et d'Amour. Ce qui signifie que le dogmatisme qui caractérise la religion affirme en chacune d'elles la conviction qu'elle détient seule la vérité sur Dieu.

Il ne s'agit pas ici de fustiger les religions ou encore moins les croyants de toute obédiences. Notre sujet se veut tenter une certaine rationalisation pour autant que les objets de cet exercice puissent se plier à un raisonnement neutre et objectif.

Que signifie cette expression « l'âme est religieuse » ? Pour y répondre nous devrons établir la signification des termes âme (du latin anima) et religion (relegere signifiant « relire » et religare signifiant « relier ») , ou plus précisément établir ce que peut être l'esprit et ce qu'est, fondamentalement, le phénomène religieux en tant que branche de l'esprit.  Qu'elle est la nature profonde de ce qui construit la pensée humaine. 

A noter que la psychanalyse a remplacé les termes anciens d'âme et d'esprit par celui  d'inconscient ou de moi, ce qui ne change rien au fond pour notre étude.

Lorsque C.G. Jung nous parle de l'âme et de la religion, il le fait dans le cadre de ce qu'il appelle l'Inconscient Collectif, c'est-à-dire qu'il énonce l'esprit et la religion comme des éléments universels propres à l'ensemble des humains depuis les débuts des sociétés humaines. Ce que veut nous dire Jung c'est qu'il y a une âme, un esprit, avant qu'il existe des religions.  Ce n'est donc pas la croyance religieuse qui est à l'origine de l'esprit mais l'inverse.

« Au fond de l’être humain, il y a cette conviction confiante qu’il y a hors de lui-même, une chose qui est consciente de lui comme il l’est lui-même .» Arthur Schopenhauer. 

L'esprit ne devient l'âme de la religion qu'après avoir cheminé dans un monde de croyances et de mythologies très diverses dans les cultures humaines où ces croyances ont évoluées en même temps que les sociétés et les civilisations pour devenir le christianisme, l'islam, le judaïsme que l'on nomme les grandes religions.  Si nous partons du postulat que tous les êtres dits humains sont censés être doués de l'esprit d'imagination, alors nous pouvons faire l'hypothèse que, selon l'expression de C.G.Jung  : « l'âme est religieuse » (et non pas la religion est animée, ce qui n'est pas faux non plus) les concernent tous même ceux qui athées, ne croient pas en l'existence de Dieu.  Il faut donc trouver une autre étiquette que la confession religieuse pour expliquer non seulement l'esprit mais aussi effectuer une recherche pour découvrir comment l'esprit se conforme , ce que le terme religion, pris dans son sens premier (relier) contient, et qui est caché derrière sont étiquette religieuse.

La religion est mythologique.

Chaque culture possède ses propres croyances religieuses particulières, et c'est à partir de cette âme collective, que, pensons-nous, les croyances religieuses sont apparues et avant elles leur évolution primaire : l'animisme, pratiqué par les peuples premiers. Selon cet ordre, on peut dire que les grandes religions font partie et sont issues de la mythologie ancestrale, une mythologie qui se poursuit dans le monde contemporain du 21è siècle. 

 

 

En tant qu'animal social l'être humain se compose d'une double caractéristique ontologique ; chaque individu est à la fois un être unique, indivis, qui incarne une âme particulière ayant son propre ADN et son propre atavisme et il est également un produit culturel, collectif donc. Nous disons produit culturel car, l'esprit ne se manifeste point uniquement sur le terrain religieux. La religion est un élément culturel parmi d'autres nombreux. Et c'est sur un plan tout à fait neutre et en dehors de toute confession que nous prétendons mener cette étude. Ainsi nous allons tenter d'expliquer que les notions d'âme (esprit ; inconscient) et surtout de religion, en des termes qui dépassent de loin, leur traditionnel étiquetage confessionnel et nous allons expliciter notre interprétation d'une religiosité qui précède, historiquement dans l'évolution des cultures, sa transposition au domaine religieux. Nous allons tenter de le faire sur la base _il en faut bien une_ de cette expression jungienne « l'âme est religieuse . »

Lorsque nous parlons de l'Homme, nous ne pouvons perdre de vue qu'il est d'abord un corps, qui fonctionne, sur le plan strictement biologique comme tous les autres mammifères dans la nature. Il possède un squelette, des muscles, des sens comme la vue et l'ouïe, des organes entre autre. L'Homme s'alimente de divers produits comme la viande, les végétaux, les céréales ; il est donc considéré comme faisant partie, d'un point de vue zoologique, à l'ordre des mammifères vivipares omnivores. Omnivores de par la grande variété et l'éclectisme de son alimentation. Mammifère, car la femelle humaine (la femme) met au monde des petits (des enfants) vivants ; elle possède des mamelles (des seins) contenant du lait dont elle nourrit ou nourrissait son bébé tout comme la lionne ou la louve, autrefois plus qu'aujourd'hui, et avant l'avènement de Guigoz. Ces caractéristiques issues directement de la nature permettent à la science de classer l'homo sapiens en tant qu'espèce animale comme toutes les autres. Et pour plus de précision nous pouvons ajouter que l'espèce homo sapiens fait partie de la famille des primates, étant donné sa très grande ressemblance physique avec les singes. Un singe debout et tout nu. C.Darwin nous a dit que l'Homme descend du singe....

 

 

On a souvent l'impression qu'il en remonte...Bref, nous ne sommes plus au 19è s. mais cette affirmation darwinienne est toujours aussi provocatrice, elle continue de froisser la fierté du singe nu debout, et fait l'objet de bien des polémiques pour certaines catégories de personnes. Ce fait sociologique donne encore plus de justification à notre étude. 

Plus sérieusement, une fois ceci précisé et mis au point, il ne suffit pas de dire en s'y arrêtant, que l'Homme est un animal. Pour rendre compte de ce qu'est l'Homme, nous devons signifier sa différence essentielle avec ses lointains cousins mammifères. A savoir que si un animal donné s'adapte d'instinct à un milieu dans lequel il nait, s' il est "animé" , pour ne pas dire arrimé, à un environnement naturel précis (biotope) pour lequel il est parfaitement constitué dès sa naissance, l'individu humain, lui, se voit projeté, dès son arrivée au monde, dans l'inconnu.  Il ne sait rien quant à son essence particulière. Finie son enfance et son adolescence il a devant lui un destin d'adulte qu'il lui faudra tracer par sa propre énergie créatrice, et de plus, il lui faudra pour se faire, mettre en œuvre, par ses efforts et sa volonté, constituer ses propres outils d'adaptation, et last but not least, il lui faudra en plus contribuer activement à l'élaboration matérielle et morale de ses biotopes culturels, c'est-à-dire qu'il sera dans l'obligation de donner, de se donner aux autres, de représenter quelque chose d'intéressant, d'attrayant et d'utile pour ses semblables. Sa vie toute entière dépendra de ses efforts de dons et de ses capacités d'échange. 

 

 

D'un point de vue strictement zoologique, l'Homme, au fil du temps s' est conformé pour vivre sous tous les climats et sous toutes les latitudes géographiques existantes sur cette Terre. Il a appris à utiliser, exploiter, avec un peu trop de talent sans doute, les ressources naturelles existantes sur ses lieux de vie,  des ressources naturelles transformées qui ont animé sa conscience, devenue âme (ou psyché) avec l'aide du langage bien entendu. Ainsi, pour les peuples premiers la rivière, le volcan, la nuit, le soleil, les animaux, les végétaux, les minerais, les orages, ont été, et sont toujours traduits en symboles pour certains, et recyclés en matériaux et structures. Ils sont pour tout dire les éléments de socialisation, et donc de survie dans un premier temps. Au fil du temps, l'Homme s'est armé d'une polyvalence géographique grâce aux progrès de ses technologies, à un niveau jamais atteint chez les autres espèces. Le seul milieu dans lequel l'Homme ne peut vivre naturellement, est le milieu subaquatique. Et qu'est-ce qui permet à l'homo sapiens d'avoir cette capacité d'adaptation aussi élevée ? C'est la collectivité, c'est la culture.

 

 

Nous précisons que nous donnons ici au terme culture sa signification la plus totale à savoir que le processus culturel est formé par les us et coutumes, les institutions, les branches du savoir, les religions, les techniques ; bref, la culture ce sont tous les éléments symboliques et pratiques concrets et abstraits qui forment le substrat des rapports et des échanges inter- humains. C'est à partir de ces éléments culturels propres à chaque peuple que les façons de "penser" se configurent. Et c'est bien grâce à la transmission de tous les savoirs que l'Homme peut se permettre cette polyvalence planétaire. C'est aussi, bien sûr, par la culture qu'une femelle homo sapiens est une femme, que ses mamelles sont en fait des seins, que son museau est un visage, que ses émotions peuvent s'élever au niveau de sentiments.

L'humanitude.

 

 

C'est grâce à son humanitude **que la femme et son homo-logue masculin marchent sur leurs deux pieds et qu'ils utilisent leurs mains pour faire des milliers de choses, comme fabriquer des outils qui servent à prolonger et augmenter les capacités de préhension ainsi que les capacités de savoir-faire. C'est grâce à leur humanitude que les femmes et les hommes peuvent rêver, imaginer. C'est avec cette même humanitude que les lointains ancêtres d'homo sapiens ont été les premiers à enterrer leurs morts, en face de la flamme d'un bon feu, et que les peintures rupestres ont été exécutées il y a 25/30 000 ans. Et c'est par son humanitude qu'un artiste musicien, un peintre ou une danseuse réalise ses œuvres. On l'aura compris, ce qui donne à l'espèce homo sapiens son titre d'être humain, c'est qu'il est un produit d'une évolution du singe debout et que les paléoanthropologues dénomment sous le terme d'ancêtres hominidés.

L'être humain, animal social créatif et producteur de ses propres milieux d'existence, est donc bénéficiaire, ou victime, du bain culturel dans lequel il trempe ; un bain culturel donné est signifiant de toute l'histoire des groupes, des tribus, des communautés, des sociétés et des civilisations qui en découlent, au plan matériel et moral. Cette animation globale réunis le corps au paysage rural, ainsi qu'à l'architecture profane et religieuse de la ville, le corps et la culture réunis en un tout vivant et sensible. Les corps sont unis à l'industrie, à l'économie, aux sciences, aux institutions, aux traditions et aux symboles, aux medias de communication.

L'être humain incarne la mémoire de sa propre histoire évolutive.

  L'homo sapiens ajointé au milieu sociétal, culturel, forment ensemble un  organisme biocultural identitaire et sensible ***. Uni corps et âme au point d'en être confondu, avec ses biotopes sociétaux ; il est le créateur, le garant, et le produit comportemental, par un processus d'imprégnation des corps et des consciences. Ce qui fait un être humain particulier, un individu, est bien davantage ce que lui ont transmis ses ancêtres (ADN et plus). Il est le lieu collectif de ses créations et activités, il est l'espace-temps culturel et historique incarné dans cette véritable pépinière psychique et comportementale, ce lieu de production physico-culturelle humanisante que l'on appelle la société. Ce sont les espaces sociétaux porteurs d'informations et de mémoire, ces bains d'imprégnation dynamiques qui le configurent en tant qu'individu, c'est-à-dire non seulement en tant que corps mais en tant que force créatrice ; l'OBIS, synthèse biologique, matérielle, morale et historique, mémoire et synthèse évolutive de son propre Monde. 

 

Pour que la religion apparaisse il a fallu qu'il y est une âme pour la porter.

On le constate, l'âme, comprise comme essentiellement de source culturelle, comme élément sensible et créateur, s'est grandement complexifiée tout au long de l'évolution des sociétés humaines. Et au-delà de l'évolution historique des sociétés c'est précisément cette propension au symbole, cette configuration de l'esprit imaginatif qui entretient, cultive le rêve, la légende, l'aventure, le goût et la curiosité de découvertes et de nouvelles expériences, cette passion du défi à soi-même, cette pulsion du dépassement de ses propres limites, ce culte du héros, ce romantisme de la conquête,tout cela fait l'âme humaine, tout cela est à l'origine du Mythe.

Tout est mythologique dans l'âme. La puissance de fascination véhiculée par le Mythe, est à l'origine de toute une mythologie collective, culturante, nombreuse et variée, où prennent place, parmi beaucoup d'autres, ce que l'ethnologue appelle les mythes d'origine. Cette catégorie de mythe tente d'apporter aux membres d'un peuple une explication sur la façon dont est née ce peuple et ses traditions. En quelque sorte, le mythe d'origine a pour fonction collective d'apporter une explication magique (la magie précède bel et bien la science) dont le rôle est de donner une identité collective et a pour fonction de rassurer chaque individu sur ses capacités adaptatives et sur son potentiel créatif. Le mythe, quand il est de caractère métaphysique, a également pour fonction de rassembler tous les membres de la tribu, de la communauté, tous les membres d'une société donnée, d'une civilisation, de les cimenter, de les rendre cohérents entre eux.

Selon l'importance démographique les résultats obtenus sont variables. Pour une tribu de quelques centaines d'individus le discours du mythe, qui sort de la bouche des anciens, considérés comme des sages, comme les vecteurs incontestables de l'histoire, sera forcément beaucoup plus harmonisateur qu'il ne l'est pour une démographie sociétale de plusieurs millions d'individus. Cependant, quelles que soient les différentes croyances qui font autorités dans nos sociétés très peuplées, quelles que soient les dualités de surface, ces vagues tempétueuses qui agitent les rapports sociaux, il n'empêche que le pouvoir de fascination de la mythologie, confessionnelle ou pas, ne s'étiole point et reste intact depuis des millénaires. Le mythe traverse les âges en changeant ses revêtements, ses formes et apparences ; il se modernise en suivant très ponctuellement les avancées technologiques. Nous assistons à une mythologie des produits manufacturés, à une mythologie du cinéma, à une mythologie des personnages ayant marqué l'histoire, une mythologie des groupes de musiciens et de chanteurs, etc...

L'humanitude créait ses propres idoles, elle engendre les processus des civilisations. Tout est mythologique chez l'OBIS ; tout est issu de l'énergie du symbole dans la conscience humaine.

Tout se passe comme si l'OBIS (totalité bioculturale comprenant le corps et le bain culturel) aurait pour mission de d'instaurer sur cette Terre un monde dont il  ne sait rien; la mythologie servant d'interface entre l'OBIS et les individus.Mais rien n'est moins sûr que donner du sens à l'histoire des cultures.

La civilisation et le principe de contrôle. Le mythe engendre la science. 

 Chez les peuples premiers, tout comme chez l'homme moderne, seule la mythologie donne une explication, donne du sens aux choses que l'on ne comprend pas, que l'on ne sait décrire de façon rationnelle, des choses qui apparaissent comme vitales, ressenties comme très puissantes, voire dangereuses, et dont il faut par conséquent être le mieux informé possible afin de les contrôler. Ce contrôle se défini de plusieurs manières. Il y a le contrôle pour obtenir les bénéfices énergétiques des forces naturelles, comme celles du soleil, par exemple. Ainsi va se développer toute une culture solaire, où le soleil prendra le nom de Râ en Egypte ancienne où il sera divinisé, adoré, adulé, et qui recevra des sacrifices, qui fera l'objet de fêtes, de temples et de nombreuses prières ainsi que de toute une méthodologie magique, afin d'en obtenir tous les bienfaits sans les dangers. Il y a le contrôle utile à la protection contre les effets négatifs des forces de la nature, et le contrôle des effets négatifs des forces de la nature dont la vie des hommes dépend directement. Cette volonté de contrôle se traduit par des créations et élaborations techniques et tout un art, avant que de devenir science.

Le fait de mettre des mots, un discours romanesque et attrayant sur tous les phénomènes relatifs à la puissance, à la force, à la capacité de se défendre, de vaincre est essentiel. Il faut mettre des mots, matérialiser les symboles, donner vie, animer le rêve et la légende, créer du sens sur tout ce à quoi on aspire, sur nos désirs, nos pulsions, notre orgueil . Trouver des exutoires aux angoisses à propos de la mort, formater les consciences par l'intermédiaire d'icônes, d'objets, de structures (totems, statues, monuments, autels, temples, calvaires), par une myhologisation de femmes et d'hommes qui portent en eux du charisme, des dons extraordinaires de contrôle. Le fait de donner matière (au sens littéral du mot), de donner forme, dans l'unique medium symbolique et magique, suffit à apaiser, à convaincre les populations des possibilités de contrôle, suffit même à exercer le déclic de l'énergie technique, une énergie ingénieuse d'où vont naître les éléments concrets et pratiques du contrôle. 

 

 

Après l'animisme des peuples premiers, dans la civilisation de la Grèce antique, la religion, du moins dans son aspect de mythe d'origine et doctrine de morale, mais aussi dans ses apports sociologiques, met en scène, le théâtre dramaturgique et épique du Panthéon des dieux multiples et nombreux. Chacune de ces divinités nombreuses étant affecté à une branche sociétale particulière. Ensuite va s'imposer le monothéisme. Tous les dieux sont rassemblés en un seul. Dieu, Allah, Jéhovah... Chacune des grandes religions possède son dieu. Chacune, surtout, est représentative d'une forme de civilisation particulière, répond bien plus d'une volonté politique que d'une foi sans faille. Chacune relève en vérité d'une anthropologie, d'une ethnologie, d'une histoire particulière, qui énoncent des orientations sociétales différentes. Toutes pourtant sont issues d'une mythologie commune, celle de l’Âme collective.

L'humanitude engendre l'âme, qui engendre le mythe, qui engendre toutes les croyances et les symboles religieux et profanes, qui sont le moteur de l'imagination créatrice constituant le processus culturel ; celui-ci excrète, produit, des individus, chacun porteur d'une partie plus ou moins qualifiante, technique et morale de l'OBIS, un OBIS formant le bain d'imprégnation culturelle, un OBIS qui ne cesse de s'engendrer lui-même, de s'auto-animer, de faire évoluer son humanitude....

Nous le constatons, le phénomène religieux est englobé dans la matrice de l'OBIS. La divinisation du contexte sociétal est une divinisation de l' OBIS qui ne dit pas son nom et qui dépasse le caractère confessionnel, métaphysique de la seule mythologie religieuse. Cette divinisation de la quête individuelle du sens et du contrôle adaptatif, de la quête collective de la sécurisation maximum des populations et des biens, cette divinisation de l'existence humaine est l'enveloppe magique, neutre et laïque de toute civilisation en ce qu'elle a de plus concret, de plus pratique, de plus technique, de plus fort. 

 

 

C'est en cela même que les femmes et les hommes peuvent croire en tout assurance ; c'est là que se trouve la vérité, une vérité que chacun peut toucher du doigt, une vérité dont chacun fait l'expérience quotidiennement. Une vérité qui n'existe pas que dans les temples, les rites et les cultes, qui n'est point extérieure à l'humanité, à la Terre et au Monde. Une vérité qui ne relève d'aucun au-delà, une vérité dont chacun est responsable responsable de la qualité de l'OBIS, de ce qu'il offre aux individus . Chacun de nous est responsable des rapports qui régissent les sociétés et les peuples, responsable à son niveau du futur de ce monde. 

 

Nous dépassons ainsi la croyance superstitieuse pour nous situer, nous rassembler (?) au cœur même de notre propre vérité anthropologique, historique, morale et psychologique, au cœur d'une re-lecture reliante d'un au-delà du symbole symbolisant pour lui-même. Cela ne suffira point à rompre le cycle de la dualité et des oppositions de toute sorte, des divisions, des clans et des luttes corporatistes ; cette vérité ne nous affranchira point des séparatismes et des adversités géopolitiques. Mais si au moins cette simple réflexion peut être utile à une diminution des aspects négatifs et dramatiques du phénomène religieux confessionnel, et si cette démonstration peut aider à concevoir la religion pour ce qu'elle est au fond, c'est-à-dire un outil symbolique qui relit et relie et réconcilie les individus à leur essence individuelles propres et uniques (sans qu'il soit nécessaire d'en savoir plus sur l'essence), alors cette étude n'aura pas été totalement vaine.







jeudi 22 janvier 2015

JACQUES DERRIDA et la différAnce.

"Marges de la Philosophie" - J. Derrida 1972.

"Les éléments de la signification fonctionnent non par la force compacte de noyaux mais par le réseau des oppositions qui les distinguent et les rapportent les une aux autres."

Mêmes quand les gens sont loin, quand ils sont isolés ;  même , et surtout, quand ils diffèrent et/ou quand ils sont différants les uns par rapport aux autres _ ou différants entre eux_  ; même s'ils sont étrangers par les distances qui créaient des espacements, des vides, entre eux, ils veulent être-là avec tous les autres. C'est ainsi qu'ils se connectent à la société, au monde, via les réseaux sociaux du web. Ils veulent se sentir présents afin de ressentir au plus profond d'eux-mêmes la différante-présence du monde.

mardi 9 décembre 2014

Fluctuations conjoncturelles des clivages droite/gauche dans la conscience collective.



Depuis environ une vingtaine d'années ce que l'on peut appeler la psychologie des clivages politiques droite/gauche est toujours égale à elle-même dans nos sociétés de consommation : Lorsque l'économie est au beau fixe, quand il y a de l'emploi et que la consommation va bon train, l'ensemble de la société s'assouplie, les relations inter-citoyennes s'arrondissent. Cela va dans le sens des valeurs dites de gauche. Mais lorsque l'économie nationale est en berne, que les populations fragiles peinent à gagner leur vie, quand le chômage s'impose à grande échelle, que les budgets de l'état rétrécissent dans tous les secteurs d'activité, alors l'ensemble de la société se tend et se durcis. Les relations deviennent sévères, les intolérances obscurcissent le paysage social. Ainsi, le gouvernement éprouve des difficultés dans le décret des lois censées donner plus de droits aux minorités et ce, quel que soit l'étiquette politique droitière ou gauchère dont le gouvernement se présente. On vit dans la crainte du lendemain, l'on se sent insécurisé jusque dans les profondeurs de notre corps et un certain nombre considère que ce qui est donné aux minorités est pris dans leurs poches. Ce sont de fait les valeurs dites de la droite qui alors prédominent.




Cette fluctuation subjective dans les ressentis, est au-delà de toute véritable idéologie, où ce sont les mêmes qui tantôt penchent vers la gauche, tantôt penchent vers la droite, selon les conjonctures géopolitiques et économiques. Depuis l'échec et la chute d'un certain bolchevisme, depuis l’obsolescence de la philosophie marxiste ayant sonné le glas des différents partis communistes Européens la protestation populaire a changé de camp. . Avant les années 90, la psychologie des clivages droite/gauche était pour ainsi dire inversées par rapport à aujourd'hui. Lorsque les populations souffraient elles se tournaient vers les idéologies de gauche. C'était le temps d'un parti communiste bien implanté et le temps ou les syndicats tel que la CGT en particulier, affirmaient une fière présence dans l'industrie, avaient beaucoup d'adhérents et représentaient un bon rapport de force dans les catégories ouvrières.




De nos jours le mécontentement prend la couleur indéfinissable et plurielle d'une indignation qui n'a d'autre canal que les formations politiques qui prônent un certain nationalisme positif, un retour à une souveraineté que l'Union Européenne, il faut bien l'avouer, voudrait nous interdire.




Il est remarquable qu'aujourd'hui, le discours de la présidente du FN, Marine Le Pen, traduit avec une exactitude sans faille le rejet de ce projet européen qui ne parvient pas à endiguer les graves problèmes socio-économiques des pays européens et qui, selon toute vraisemblance aggrave même la situation des pays membres. Les analyses et le programme de MLP ne feraient certes point rougir un certain Georges Marchais, celui-là même qui, avec son franc-parler légendaire, s'écriait : "taisez-vous M. Elkabach !" sur les chaînes TV du service public. C'était à la fin des années 70, juste avant la prise de pouvoir de François Mitterrand et la casse systématique de l'appareil industriel Français qui s'en est suivi durant toutes les années 80, casse justifiée pour cause d'adaptation à la mondialisation.




Avec le 21è siècle, nous sommes entrés dans l'ère de la toute-puissance d'un élitisme ultra libéral où les grandes industries et groupes bancaires à échelle planétaire ont pris le pouvoir, ne laissant au politique qu'un rôle de représentation symbolique dont la fonction se borne à vendre aux populations les règles imposées par la rentabilité et la spéculation qui ne profitent qu'à une poignée de hauts cadres, d'industriels qui se partagent jalousement une immense richesse qui ne profite ni aux pays, ni aux populations du monde.



mardi 11 novembre 2014

LA REIFICATION DE L'HUMAIN.

Depuis que les hommes vivent en société, le sujet individuel est le support du conditionnement collectif et au fil du temps l'individu, est l'objet de l'histoire. Chaque homme et chaque femme plie, de gré ou de force, et selon des modes variés, devant la raison d'état ainsi que sous le poids de l'énorme pression de la masse sociétale. L'effort adaptatif que le particulier doit fournir, la contrainte morale, psychologique et corporelle à laquelle il est soumis est tellement considérable qu'elle forme un moule qui non seulement tient de l'ordre du statut social, mais aussi que cette énorme pression laisse des traces concrètes au plus profond de nos gènes. ( à suivre)




samedi 23 août 2014

EXEMPLE BIOCULTURAL : LA CULTURE DE L'HOMO URBANICUS;



Brève présentation de mon concept de BIOCULTURALITÉ.

Le terme biodiversité est parfaitement adéquat pour définir l'ensemble du vivant végétal et animal, autrement dit, la diversité du monde naturel. Il fallait donc trouver un terme pour définir l'être humain en tant que produit de l'évolution naturelle et produit purement culturel issu de l'histoire des sociétés et des civilisations. Il fallait en outre rendre compte de la partie matérielle, physique, corporelle, et de la partie morale, sociologique, psychologique dont tous les hommes (et les femmes) sont constitués.

C'est ainsi que me vint l'idée de BIOCULTURALITÉ. Je souhaitais trouver un terme pour unifier l'interinfluence entre le corps et la culture. La bioculturalité implique que le corps, dans son aspect extérieur et dans sa physiologie n'est pas uniquement marqué, configuré, régis par l'origine ethnique, elle-même en adéquation avec le milieu géographie originel, mais cette ethno-géographie correspond également les particularismes sociaux, traditionnels, symboliques, techniques. A la base d'une organisation sociétale digne de ce nom nous trouvons en effet des femmes et des hommes regroupés sur un territoire donné, sur un site ayant son relief, son climat et offrant certaines ressources naturelles exploitables. D'un côté nous avons les activités pratiques et les échanges de procédés divers, le développement de techniques à partir de matériaux se trouvant sur place (travail de la pierre, du bois, de métaux, utilisation de fibres végétales) et de l'autre nous trouvons l'influence des forces et des éléments naturels (la pluie, le vent, les volcans, les rivières...) agissant sur l'imaginaire d'où s'instaure les croyances et les rites.

Le corps et la culture s'interinfluencent, sur le mode matériel, concret, pratique, ainsi que psychique, symbolique, moral, relationnel. C'est l'union entre la partie physique et la partie psychologique qui constitue ce que l'on appelle un être humain.

De nos jours la diversité ethnique, cette bioculturalité originelle, tend à se fondre dans une mixité de la standardisation des villes, la standardisation des modes de vie urbains dans le monde. Les individus se différencient de moins en moins par des paramètres ethno-géographiques originaux, mais de plus en plus par leur quartier, par leurs appartenances à diverses catégories de citoyens, par leurs gouts, par leurs loisirs et leurs mœurs. Le climat politique et social et les différences de capacité économiques, le quartier urbain où ils naissent et grandissent ; le milieu familial où ils évoluent agit sur les corps dans leur apparence et leur fonctionnements, agit également sur les consciences (mentalités) et donc sur les attitudes, le langage, l'imaginaire, les codes et la gestuelle communicante et bien sûr les comportements.

Ce n'est plus tant de nos jours la latitude et la longitude, le climat nordique ou équatorial ou bien les ressources naturelles à disposition sur tel territoire qui forme la base matérielle des us et des coutumes, des habitudes alimentaires qui agit sur le corps pour lui donner une couleur, une certaine corpulence et qui formait la base concrète principale de la façon d'interpréter le monde et de considérer ses semblables. Aujourd'hui la manière dont on communique et s'exprime est directement reliée à des phénomènes de mode, et à des catégories sociologiques diverses, à des adhésions à des clubs, reliée aux nouvelles technologies de communication. 

Il ressort de cette urbanité un déplacement de l'aspect moral et symbolique des anciens supports mythologiques traditionnels qui étaient directement inspirés par la nature, un déplacement vers de nouveaux supports, technologiques issus de l'industrie. Nous sommes dorénavant dans une mythologie de l'appareil électronique, de la machine, autant dire un fétichisme industriel et financier. Le milieu social et le club, le groupe, la communauté constituent autant de micro-cultures ayant leur propre utilisation de la langue, détermine les mots que l'on emploie et autant de points de vue différents d'où les autres et le monde est jugé.

L'urbanité remplace la géographie, change les corps qui se trouvent aujourd'hui contraints sous la pression d'une conscience paramétrée par les médias, par l'industrie, par la technologie médicale et les nouveaux modes alimentaires. Et que la bioculturalité soit considérée dans sa forme originelle géographique, traditionnelle et ancestrale, ou bien dans sa forme actuelle urbaine,les effets symboliques et irrationnels demeurent les mêmes, inchangés depuis 30 000 ans.

Ce qui a changé c'est que là où autrefois existaient des peuples de faible démographie rassemblés et unis autour d'un espace naturel, rassemblés autour de traditions ancestrales et unis autour des  sages qui transmettaient des principes immuables de génération en génération, on trouve aujourd'hui une atomisation de l'idée de peuple, formée de micro-cultures tel que par exemple, les communautés homosexuelles, les adeptes du tatouage, les chanteurs de Rap, les communautés de motards ou de collectionneurs de vieilles voitures..etc..

De fait, l'homo urbanicus ne reçoit plus son identité des anciens que le grand âge rend désormais sociologiquement obsolète, mais il cherche et doit trouver lui-même un groupe sociologique correspondant à ses aspirations personnelles, correspondant à son expérience urbaine, correspondant aux objets et aux machines, aux symboles sur lesquels il puisse se projeter, projeter ses fantasmes mythologiques et son imaginaire, projeter son goût de puissance et son aspiration à la liberté.

Chaque groupement micro-culturel possède son propre parler, sa propre sémiotique, sa propre métaphysique, sa propre action sur le corps social et sur le corps individuel.

Alors qu'autrefois toutes les catégories et corporations tel que les religieux, les soldats,les marchands, les nobles, les paysans,,,,etc, convergeaient vers le roi, vers le gouvernement, vers l'état et l'église qui détenaient un vrai pouvoir politique, économique et moral, nous avons aujourd'hui, réparti sur toute la surface du globe, un ensemble disparate, hétéroclite urbain de catégories, de groupements, de clubs, de communautés cloisonnées et étrangères et très souvent opposées et conflictuelles les unes par rapport aux autres et qui offrent entre elles autant de différences qu'il y en a entre les différentes tribus ethniques d'Afrique ou du Moyen Orient.

Depuis une soixantaine d'années on assiste à des tendances quelque peu rétrogrades en matière de religion, d'identité nationale, d'art (dans la peinture et la danse), comme si la conscience collective recherchait dans les anciennes formes primitives à obtenir ce que le confort et l'artifice industriel urbain leur a ravis, comme si les consciences cherchaient instinctivement à se rapprocher et à mieux servir les besoins naturels du corps. Un corps qui dans certains quartiers a gardé la mémoire ancestrale de la solidarité tribale, des grandes marches migratoires, le goût de la chasse, des combats et du sang.


Parcours initiatique. A la recherche du Chaînon Manquant.

Fondements culturels des configurations de la conscience cognitive et morale de la civilisation occidentale. Analyse et ressorts des mentalités du monde globalisé. Les relations et comportements humains, les rapports humain/Nature, les traces et stigmates de l'Histoire de nos sociétés. Les limites de la croissance industrielle. L'écologie ,l'évolution et l'avenir du monde...